Profil de la semaine

Musore : Bonjour, bienvenue sur le blog AGACIRO, Une petite présentation pour nos lecteurs ?

Nicolas : Oui bien sûre, merci d’abord pour votre accueille, je suis Nicolas Ndayizeye, je travaille à la SWAA BURUNDI dans un projet de prévention et de prise en charge en faveur des minorités sexuelles.

Musore : Ok, pour commencer,  en quoi consiste votre travail exactement ?

Nicolas : Mon travail consiste à faciliter l’intégration, des minorités sexuelles, dans le processus de prévention du VIH/SIDA/IST et dans la prise en charge médicale et sociale. Ainsi, j’assure l’écoute à travers la ligne téléphonique SOS, je fais  des séances de  counselling et  d’orientation des personnes LGBT qui fréquentent le centre de la SWAA Burundi, j’organise et participe aussi à  des séances de sensibilisation des prestataires de santé pour la prise en compte de la vulnérabilité des personnes LGBT face au VIH/SIDA/IST. Je travaille à mettre en place des espaces de confiance à travers les groupes de paroles pour les personnes LGBT, le personnel de la SWAA Burundi et les autres bénéficiaires. Je fais aussi des visites à domiciles  des personnes LGBT infectés/affectés ou en difficultés sociales.

Musore : Avant de continuer, pouvez-vous nous en dire plus sur cette ligne téléphonique SOS ?

Nicolas : c’est une ligne d’écoute mise en place par la SWAA pour permettre à toute personne qui a des questions relatives à la santé reproductive en général, aux maladies sexuellement transmissibles et aux questions d’orientations sexuelles et d’identité du genre, de pouvoir les poser en toute intimité et anonymement.

Musore : Merci, en revenant un peu sur votre travail dans ce milieu que je qualifierais de médical, quels sont les grands défis, que rencontrent les personnes LGBT aujourd’hui? 

Nicolas : Le défi que rencontrent les personnes LGBT reste la discrimination à laquelle ils  fonts face une fois dans les milieux médicaux, que ce soit ici en ville de Bujumbura et pire encore, à l’intérieur du pays. C’est une réalité, certains prestataires de santé restent retissant à la non-discrimination et ne traitent pas de la même façon tous ceux qui ont recours à leurs services. Il y a aussi, la non adaptation de certains outils, aux vrais problèmes des personnes LGBT, l’autre problème récurrent reste le manque des outils de préventions/sensibilisations VIH/SIDA/IST adaptés, mais aussi, le manque de certains médicaments.

Musore : Dans le monde on voit de plus en plus de pays qui s’ouvrent à l’acceptation des personnes LGBT, quels sont, d’après vous, les freins  qui retardent  encore cette étape ici chez nous ?

Nicolas : Bon, je trouve qu’ici chez nous, les gens ignorent encore la thématique LGBT, je ne sais pas si c’est parce que les LGBT eux-mêmes préfèrent encore vivre dans l’ombre ou bien si, c’est  parce que les gens ne s’intéressent pas encore à cette question, mais franchement, ceci à pour conséquences que les gens se laissent influencer par tout et n’importe quoi, qui peut leur être transmis comme information sur les LGBT. Il ya des réflexions, qu’on peut entendre, qui  parfois, reflètent  facilement les incompréhensions, l’ignorance et les malentendus de ce que peut être le monde LGBT.

Aussi, il y a cette loi qui criminalise les rapports sexuels entre personnes de même sexe, la culture du silence et du respect des intérêts des groupes majoritaires qui nous enferment  dans un système de conformisme de nos ancêtres, et certains religieux qui interprètent les saintes écritures comme ça leur chante et condamnent les LGBT. Je n’oublierai pas de mentionner certains membres la communauté LGBT qui ne lèvent pas le petit doigt pour réclamer leurs droits  alors qu’ils savent très bien que c’est dans leur intérêt à avoir une saine vie sur terre et dans leur société.

Musore : Une solution pour remédier à tout cela ?

Nicolas : Eduquer les gens pour pouvoir arriver à un changement de mentalités. Si chaque LGBT, pouvait travailler a éduquer ce qu’il y a comme son entourage, en partageant des relations sincères, cela changerait beaucoup le cours des choses, parce que souvent, les gens se permettent de juger les autres alors qu’ils ne les connaissent pas réellement, c’est ce qui nous amène à des actes d’homophobie et de stigmatisation qui souvent n’ont pas de grands fondements  explicatives.

Musore : Un dernier mot pour nos lecteurs ?

Nicolas : J’appelle la population burundaise à la non discrimination contre les LGBT, en comprenant qu’une personne LGBT n’a rien de différent aux autres personnes hétérosexuelles, mais que simplement, il veut vivre et aimer comme tout le monde le fait. En grande partie, j’interpelle les parlementaires et sénateurs burundais à retirer du code pénal la loi criminalisant les rapports sexuels entre personne de même sexe et de mettre en place plutôt des lois qui protègent les minorités dans son ensemble. A la communauté LGBT et tous les activistes qui militent pour les droits des minorités sexuelles je leur souhaite plein de courage (et ils en ont besoin !), je sais que c’est très difficile. Je termine en interpelant les Organisations de la société civile à prendre en comptes les droits des minorités sexuelles et de travailler en étroite collaboration avec les associations LGBT pour militer en faveur de la tolérance et l’inclusion des LGBT. Merci

Informations sur la ligne Téléphonique SOS :

–       Pour les abonnes de ONATEL/ONAMOB : (+257) 22 21 21 21

–       Pour les abonnés de TEMPO Africel : (+257) 78  402 402

Pendant la semaine (Lundi à Vendredi) : De 07h 30 à 20h 30

Pendant le Weekend et les jours féries : De 8h à 13h

La ligne téléphonique SOS est un numéro vert (gratuit) pour les abonnes ONATEL/ONAMOB et ceux de Tempo Africel.

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