Profil de la semaine

Musore : Bonjour, bienvenue sur le blog d’AGACIRO.

                  Pouvez- vous vous présenter à nos lecteurs ?

Marie *: Bonjour, Merci pour cette accueil chaleureux.

Je réponds au nom de Marie, je travail pour la défense des droits humains, spécifiquement pour les droits de la minorité sexuelle des femmes lesbiennes, celle des femmes travailleuses de sexes et pour les droits des femmes en générale.

Musore : ok, pouvez-vous préciser un peu plus à propos de votre travail ? En quoi elle consiste réellement, parce que il ya comme une certaine confusion, faites-vous une sorte de promotion des femmes lesbiennes?

Marie : (rire) comme vous venez de le dire, il ya une sorte de malentendu. Et, non, en aucun cas je ne fais de la promotion ni pour les lesbiennes, ni pour les femmes travailleuses de sexes. Je ne suis pas à la tête d’un  mouvement de révolte de la gente féminine; non plus, je n’incite personne à aller dans la rue et faire des scandales au nom de la femme ou des lesbiennes ou de tout autre cause.

Comme vous le savez, ici chez nous le niveau d’instruction est très bas, au delà de ça, même ceux qui ont ce peu d’instructions, après un certain moment, il devient inutile parce que beaucoup ne prennent pas le courage de transmettre ce savoir aux autres, un savoir qui d’ailleurs n’est pas vitales mais qui méritent d’être connu en quantité minimum par n’importe qui ; bon, à part les enseignants scolaires et sanitaires, qui d’autres connaissez-vous, qui militent pour que des populations basses, ceux aux fonds des campagnes burundaises, puissent avoir des connaissances sur leur droits en tant que consommateur par exemple, ou sur les droits humains ou encore sur la santé reproductive, il ya tant de chose que le burundais lambda devrait savoir, des choses qui ne nécessitent d’avoir été à l’école certes mais qui peuvent être expliquer et facilement comprises par n’importe qui. C’est pour cela que l’action des organisations de la société civile est plus que importante, elle est vitale pour celui qui en comprend la nécessité.

Donc, je travail avec des femmes en toute horizons du pays et je touche à plus d’un sujet, des plus simples aux plus sensibles comme l’homosexualité féminine, Leur faire comprendre par exemple les méfaits du sexismes au sein d’une société, la question de l’égalité, devant la loi, des deux genres ou encore l’intérêt du diagnostique du cancer du sein et du col de l’utérus ou encore, du pourquoi lutter contre les discriminations de toutes sorte faites en l’encontre de la femme. Voilà en peu les uns de mes points de travail.

Musore : En quoi consiste alors votre travail avec ces femmes lesbiennes?

Marie : comme je l’ai dit, travailler avec eux aussi, c’est tout un programme. D’abord c’est une minorité sexuelle bien présente  dans le pays, certes moins parler et  inaudible même mais c’est toute une communauté de gens qui est la, fondu dans la masse et méconnaissable.

La question qui intervient est de savoir, qui sont-elles, combiens y en a-t-elles, comment vivent-elles, il y a-t-il des besoins particuliers qu’elles ont par rapport à l’état actuelle des autres femmes ? Etc. je travail avec ces femmes pour que leur communauté soit plus ou moins structurer, pour que par exemple elles puissent avoir accès au soin de santé en cas de pandémie spécifique à leur sexualité, aussi, je travail à leur faire connaitre leur droits en tant que femmes mais aussi en tant que personnes humaines dans une société avec des valeurs.

Donc, on travail sur comment se comporter dans une société non tolérante face aux questions de l’homosexualité et de l’identités des genres, aussi comment faire face aux discriminations et aux stigmatisations lésbophobes dans les familles, dans les congrégations religieuses, dans les centres culturels, devant la loi, etc. Bref, comment vivre dans une société qui ne leur accepte pas et comment pouvoir faire face aux différents problèmes qui peuvent surgir à partir de ça.

Musore : Et quel est alors l’état actuel de cette minorité ?

Marie : Bon, d’abord vivant dans un pays où la sexualité est un tabou à couper le soufflé, dans un pays où l’égalité entre le genre masculin et le genre féminin devant la loi n’est pas si certains que ça, je trouve que les femmes lesbiennes font face à un triple problème par rapport aux femmes hétérosexuelles. Aux deux autres problèmes rencontrés par les autres femmes, il va s’y ajouter les questions de lésbophobies, de discriminations et de stigmatisations, des questions souvent en relation avec leur orientation sexuelle qui certes n’est pas commun mais qui en est une et qui est une réalité.

De la, beaucoup, expérience le rejet de leur famille, qui est quelque chose de vraiment dangereux pour une fille ou une femme dans la société africaine telle qu’on la connait, beaucoup sont maltraitée aussi par des pairs qui ont le droit sur eux, certaines sont tabassées ou torturées, d’autres mariées par force, il y en a certaines qui vont même jusqu’ à être violée pour être guérit de cette perversion, la lesbophobie ambulante dans presque tout les secteurs crée une situation d’hostilité pour presque tout ces personnes.

Musore : et pour vous, Comment vous en sortez vous en travaillant avec ces gens là  alors que vous le savait très bien qu’il ya une loi qui punit les relations sexuelles entre les personnes de même sexes, mais au delà de ça vous y aller franche jeux, jusqu’à même leur aider à structurer leur communauté ?

Marie : c’est un travail très délicat qui demande beaucoup d’attention de savoir avec qui on discute et pourquoi on le fait, mais aussi c’est très difficile parce que vous le savait ici chez nous, tout rassemblement de plus de 5 personnes va attirer la curiosité de plus d’un, non seulement ces femmes ne se sentirons pas à l’aise de s’assumer et de s’extérioriser  facilement devant tout un public mais aussi pour moi ça devient à chaque fois très dangereux parce que, mon identité personnel et professionnel est toujours remise en question, ceci fait que souvent je travail en individuel ou avec un groupe très restreint, ce qui ne facilite pas toujours mon travail.

Musore : Oui ok, on a compris vos motivations à faire ce travail mais c’est comment, vous vous en sortez  face aux lois discriminantes parce que je pense ça pourrait vous  attirer plus d’un problème.

Marie : Oui bien sure je comprends l’ampleur du problème, mais comme vous l’avez dit, connaissant mes motivations, mon travail comme je viens de le dire n’a rien de cachotier, il n’ya pas des non dit qui se cache derrière mes actions, c’est quelque chose qu’on peut expliquer et pour celui qui peut comprendre c’est quelque chose de limpide si je peux me permettre. Donc même devant une loi qui fonctionne bien, la bonne solution serait a prendre. En tout cas c’est vraiment dommage qu’il n’existe pas des droits de défenses pour les défenseurs des droits humains eux-mêmes parce que oui, on n’est pas non plus à l’abri des violences.

L’homosexualité est une réalité dans nos familles, ça reste une honte pour beaucoup de gens, mais c’est quand même une injustice, qu’un enfant, une fille en plus soit mise à la porte, à cause de son orientation sexuelle, c’est tout simplement un manque d’ouverture d’esprit alimenter par des préjuges sans fondement, si elle était ton enfant, ta sœur ou ta tante avant que tu sache qui elle est, rien ne va changer après l’avoir su. Par simple observation, toute sa vie ne tourne pas autour de sa sexualité, elle rêve peux être de faire une grande carrière professionnelle par exemple, certes tout parent veut une grande famille pour chacun de ses enfants mais je me dis que rien n’est prévu d’avance, dans la vie tout ne vas pas comme on voulait, donc si ce cas arrive dans la famille, y penser doublement avant de prendre la mauvaise décision, serait la meilleur des solutions.

Musore : Ok, un petit mot avant de terminer cette entretient ?

Marie : Arrêter  de vouloir  s’obséder  toujours sur la parti difficile d’une réalité alors que le cote simple est aussi une option qui peut être bénéfique pour soi mais aussi pour les autres. Donc, je dirais que la sexualité est un concept assez compliqué, elle n’est pas juste noire et blanc mais il y a tout une palette d’autres nuances qui peuvent être autour. Donc, en faire un outil de haine n’est pas la meilleur des solutions, donc accepter les autres dans leur différence peut aider à se prévenir de plus d’un problème.

Musore : merci pour votre partage

Marie : tout le plaisir est pour moi !

*Pour des raisons d’anonymat le nom de l’invitée a été changé.

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